" Le Taureau, ce Dieu qui combat ". Le titre de ce livre de Marie Mauron (Editions Albin Michel) situe parfaitement le taureau de Camargue dans le contexte actuel. Avec la mécanisation, la vocation du taureau a changé : de bête de somme, il est devenu " artiste ". Disons-le tout de suite : il y a trois différences importantes entre le taureau camarguais et son cousin Espagnol. Sur les affiches des corridas s’inscrit en gros le nom des toreros. Sur les affiches de courses camarguaises, c’est le nom des taureaux qui prime. À la corrida, on va voir El Juli, Juan Bautista ou encore Enrique Ponce. À la course camarguaise, on va voir Pythagore, Tristan ou Germinal. Seconde différence, on vend le toro espagnol, le camarguais, lui, se loue. Troisième différence, et pas des moindres : le toro espagnol meurt dans l’arène tandis que le taureau camarguais meurt de vieillesse. D'ailleurs, plusieurs d’entre eux ont leur tombeau (Le Sanglier ou Rami) ou leur statue (Clairon ou Goya).…